LE CAS GBAGBO: TREMPLIN DU REVEIL AFRICAIN N°2


Cet entretien est la 2ème partie d’une série de sept volumes. Pour en bénéficier totalement, il vous faut lire les autres parties, dans l’ordre des numéros.


Nyang Bensouda: L'une de nos armes préférées d'intimidation massive a été inutile.


Youssouf: Laquelle?


Nyang Bensouda: Le gel des avoirs. Nous comptions geler ses avoir, mais ce monsieur n'avait aucun avoir à geler. Je n'ai pas besoin d'en dire plus pour te convaincre. Nous étions tous honteux. Mes maitres se sont tous demandé s'ils étaient en train de rêver. Tu comprends maintenant pourquoi je t'ai dit que cet homme était certainement le seul Président idiot de tous les Présidents d'Afrique.


Youssouf: Ce que tu viens de m'expliquer là, ne me donne pas le courage de témoigner contre cet homme. Je comprends peut-être pourquoi les gens n'arrivent pas à témoigner contre lui.


Nyang Bensouda: Noooon Youssouf, ne te laisse pas décourager. Sinon je serai foutue. Toute ma carrière, tout mon honneur, du moins ce qui en reste, dépend de la condamnation de Gbagbo. J'ai intérêt à le voir condamné. Je n'ai déjà pas le choix. Je me suis tellement investie dans cette affaire.


Youssouf: Je vois!


Nyang Bensouda: Laisse-moi te donner un exemple: Mes maitres ont mis plusieurs millions de dollars à ma disposition pour réussir cette mission. Mais je n'y parviens pas. Pourtant j'ai tout essayé. Qu'est-ce que je n'ai pas fait? J'ai tout essayé, j'ai tout tenté. Tu ne peux pas t'imaginer combien de millions j'ai dépensés pour corrompre les témoins et les potentiels témoins. J'ai même essayé de me servir des charniers que mes maitres avaient préparés pendant la guerre, mais cela n'a rien donné. Tu sais que pendant la guerre, les forces françaises et celles de l'ONU avaient massacré des milliers de jeunes patriotes ivoiriens. Pour dissimuler les corps pour que personne ne sache jamais le nombre de civils qu'elles avaient tués, elles avaient fait des charniers dans lesquels elles ont entassé les corps. L'on ne retrouvera même jamais certains de ces charniers. Et comme il n'y avait personne du camp Gbagbo pour être témoin de cela, tout est resté top secret.


Youssouf: Je comprends alors pourquoi l'ONUCI a détruit tous ses documents liés à la gestion de la crise ivoirienne, alors que la cour dont tu es procureure a besoin de tous ces documents pour mener ses enquêtes.


Nyang Bensouda: Je reviendrai sur le point concernant l'ONUCI tout à l'heure.


Youssouf: D'accord madame. Tu étais en train de m'expliquer les grands efforts que tu as fournis.


Nyang Bensouda: Oui; j'ai tenté beaucoup de choses. Je suis allée jusqu'à trafiquer même certaines fausses images des tueries perpétrées au Kenya pour accabler Gbagbo, mais les gens ont réussi à déjouer ce plan.


Youssouf: Oui, j'en avais entendu parler. J'ai même appris le cas de ces personnes supposées tuées à Abobo par le Président Gbagbo, mais qui se sont retrouvées à la cour en train de témoigner. Quand tu me dis que tu as tout fait, je te comprends. C'est vraiment dommage! J'espère seulement que tes maitres ne vont pas te demander de rembourser les 2 millions de dollars que j'ai appris qu'ils t'avaient donnés.


Nyang Bensouda: As-tu été au courant de cela?


Youssouf: Ouiiiii! Je ne suis d'ailleurs pas le seul à l'avoir appris. L'information s'était propagée partout. On a appris que tu avais eu 2 millions de dollars pour faire condamner le Président Gbagbo, ce qui correspondait au double de ce que ton prédécesseur Luis Moreno Ocampo avait reçu.


Nyang Bensouda: (Soupir)


Youssouf: Tu as parlé tout à l'heure de l'un des vôtres, ce membre des illuminati qui vous a trahis, n'est-il pas celui qui a aussi révélé l'information concernant ces 2 millions de dollars que tes maitres t'ont donnés pour faire condamner le Président Gbagbo?


Nyang Bensouda: C'est bien lui. Je ne sais pas pourquoi il a choisi de nous faire cela.


Youssouf: Certainement il n'avait pas encore crucifié sa conscience comme vous, et il a eu quelques remords. Ce n'est pas tout le monde qui peut faire le genre de mal que vous êtes en train de faire, et réussir à dormir. Tes maitres et toi êtes vraiment des êtres spéciaux. Il est clair que vous n'êtes pas des êtres humains normaux. Un être humain normal ne peut en aucun cas être si foncièrement méchant et cruel. Tuer des millions de personnes comme vous le faites à travers le monde, sans perdre le sommeil, c'est extrêmement difficile à comprendre.


Nyang Bensouda: Tu as peut-être raison, Youssouf. Mais pour ce qui est de l'argent que j'ai reçu, mes maitres ne me demanderont pas de rembourser. Bien au contraire, je leur ai demandé d'augmenter ce montant. Il était très insuffisant, car nous avions tous sous-estimé ce cas. Personne ne s'attendait à un cas si difficile et si compliqué.


Youssouf: Si tous tes témoins qui ont finalement témoigné n'ont pu rien faire, et ils étaient environ 140, qu'est-ce que moi, Youssouf, un simple animal, peux bien faire?


Nyang Bensouda: Je sais pourquoi je compte sur toi. Et je sais pourquoi toi seul peux encore me faire gagner ce procès contre cet homme. Là où il est actuellement, il est presque convaincu que j'ai échoué. Il ne peut pas s'imaginer la carte joker que j'ai réservée.


Youssouf: Explique-moi.


Nyang Bensouda: Tu sais que comme chefs d'accusation contre lui il y avait les crimes de guerre, crimes contre l'humanité, meurtres, viols et autres.


Youssouf: Mais tout cela n'a rien donné. Comment penses-tu qu'avec moi tu auras du succès?


Nyang Bensouda: Avec toi, c'est carrément des nouveaux chefs d'accusation qui seront formulés.


Youssouf: Ah bon!


Nyang Bensouda: Oui. Je vais requalifier les charges contre Lui. Je parlerai maintenant de crimes contre les animaux à raison de meurtres, de viols et d'autres violences sexuelles. J'y ajouterai les actes de persécution et autres actes de torture.


Youssouf: Qu'est-ce que je vais dire concrètement?


Nyang Bensouda: Tu diras que Gbagbo vous a tués, qu'il vous a violés, et qu'il vous a torturés. On ne doit plus tomber dans le genre de piège dans lequel on s'est retrouvé avec les premiers témoins.


Youssouf: Qu'est-ce que les premiers témoins ont fait?


Nyang Bensouda: Ils ont tous dit que Gbagbo avait envoyé ses soldats pour les tuer. Et les quelques hauts gradés de l'armée que nous avons pu corrompre pour qu'ils témoignent contre lui, n'ont pas réussi à établir sa culpabilité.


Youssouf: Qu'est-ce qu'il y a donc lieu de faire cette fois-ci?


Nyang Bensouda: Cette fois-ci, tu ne diras plus que Gbagbo avait envoyé ses soldats pour vous tuer. Tu diras plutôt que c'est Gbagbo lui-même qui venait vous tuer et vous violer. Là nous ne courons plus le risque d'être confrontés aux soldats qui diront que Gbagbo ne les avait pas envoyés.


Youssouf: Si sa défense me demande pourquoi je suis alors en vie si le Président Gbagbo était venu nous tuer, qu'est-ce que je dirai?


Nyang Bensouda: Tu diras que tu as juste été très chanceux, et aussi très futé. Tu diras que dès qu'il a commencé à tuer les premiers animaux, tu t'étais couché comme si tu étais aussi mort, et il a tué tous les autres.


Youssouf: Et pour ce qui est du viol, qu'est-ce que je dirai?


Nyang Bensouda: Tu diras qu'il vous avait tous violés, tous sans exception, et à plusieurs reprises. Et que quand il vous violait, il ne tenait pas compte de qui était mâle et de qui était femelle.


Youssouf: Si je dis que moi-aussi j'ai été violé, on pourra me demander des preuves physiques, et là je serai coincé.


Nyang Bensouda: Dans ce cas il faut plutôt dire que tous les animaux ont été violés sauf toi, et que tu as échappé juste parce que le premier jour où il venait vous violer tu étais sérieusement malade, et que les autres jours, comme tu connaissais déjà sa voiture, quand tu le voyais venir, tu te cachais. Sa défense pourra te demander s'il venait seul ou avec ses officiers. Là tu diras que tu penses que Gbagbo savait peut-être que ses principaux Généraux étaient des félons, parce qu'il ne venait avec aucun d'eux. Chaque fois qu'il devait faire ce genre de sombres opérations, il venait seulement avec son vrai Général Dogbo Blé. Tu ajouteras que tu comprends bien maintenant pourquoi ce n'est qu'avec ce Général qu'il venait. C'est celui qui lui est resté totalement loyal et fidèle jusqu'au bout.


Youssouf: C'est une bonne idée. La défense du Président Gbagbo trouvera inutile d'appeler le Général Dogbo Blé à la cour, puisque son témoignage sera discrédité. Chacun dira qu'il ne peut rien dire de mauvais contre le Président.


Nyang Bensouda: Si sa défense te coince avec des questions embarrassantes, dis-leur que tu as déjà tout oublié. Dis-leur que les animaux oublient plus vite que les hommes. Et s'ils exigent des preuves de cela, je vais corrompre quelques médecins vétérinaires pour le confirmer. L'ONU a mis un budget à ma disposition pour cela.


Youssouf: Et si on me demande des charniers où le Président Gbagbo nous a enterrés, qu'est-ce que je dis?


Nyang Bensouda: Tu diras que quand il vous tuait il ne vous enterrait pas. Tu diras qu'il envoyait vos corps au Sud, et que c'est pour cela qu'il y avait toujours de la viande au Sud pendant toute la crise postélectorale, malgré la guerre et les embargos.


Youssouf: Tu me convaincs de plus en plus, madame. Je crois qu'on pourra s'en sortir. J'accepte de témoigner.


Nyang Bensouda: Ahaaaa Youssouf, tu ne peux pas imaginer combien je suis soulagée. Tu es le seul espoir que j'ai maintenant.


Youssouf: Je ferai de mon mieux.


Nyang Bensouda: Ce cas Gbagbo nous a fait tellement de mal. Tous mes maitres sont dans la confusion totale. Je ne peux pas te dire combien de réunions ils ont tenues, et continuent de tenir par rapport à ce cas. Tous ont perdu le sommeil au cours de ce procès, et chacun d'eux regrette maintenant le fait d'avoir traduit Gbagbo à la Haye. Cela a été une erreur monumentale.


Youssouf: Mais tu exagères, madame.


Nyang Bensouda: Pas du tout. Est-ce que tu sais que ce cas a mis à nu tout ce qu'on avait de secret. Je ne sais pas s'il y a un seul de nos secrets qui n'ait pas été révélé. Veux-tu que je te donne quelques exemples?


Youssouf: Pourquoi pas.


Nyang Bensouda: Jusqu'à ce que ce procès contre Gbagbo commence, plusieurs personnes étaient convaincues que c'est dramane ouattara qui avait gagné les élections de 2010. Le procès Gbagbo a révélé au monde entier que dramane Ouatttara n'avait même pas franchi le cap du premier tour. Chacun sait maintenant que c'est Gbagbo et Bédié qui étaient qualifiés pour le second tour. En réalité, dramane ouattara n'avait même pas eu la moitié des voix de Bédié. Et c'est même dès le premier tour que Gbagbo avait remporté les élections. Mais nos logiciels de gestion de ces élections avaient manipulé les résultats. Tout était programmé pour qu'il y ait absolument un second tour.


Youssouf: Çà je le sais.


Nyang Bensouda: Ce n'est pas tout. Les gens savent maintenant que même les 16 000 morts qu'on annonce sont les chiffres que mes maitres ont choisi de laisser circuler. En réalité la crise ivoirienne a fait plus de 100 000 morts, et les gens le savent dorénavant. Tous ceux qui ne suivent que nos medias croyaient vraiment que la crise postélectorale de 2010 en Côte d'Ivoire était due au fait que le Président Gbagbo avait perdu les élections et avait refusé de céder son poste à dramane ouattara. Maintenant chacun sait qu'il s'agissait plutôt d'un coup d'état français contre le Président Gbagbo, un coup d'état qui avait commencé depuis que Gbagbo avait gagné les élections en 2000 à la surprise générale. Il y a même un brillant journaliste d'investigation qui a fait un livre à ce sujet.


Youssouf: Tu parles de Charles Onana?


Nyang Bensouda: Je me rends compte que tu es bien informé, Youssouf.


Youssouf: Ce cas Gbagbo intéresse tout le monde, madame, y compris les animaux et les arbres.


Nyang Bensouda: Charles Onana a fait un excellent livre intitulé: "Côte d'Ivoire: Le Coup d'État", un livre préfacé par le Président Thabo Mbeki, l'ancien Président Sud-Africain. Ce livre confirme très bien ce que je viens de te dire. Tu sais que ce n'est déjà pas à moi de faire la publicité d'un livre qui met mes maitres et moi à nu. Si j'avais le pouvoir de faire interdire ce livre, je l'aurais fait sans hésitation.


Notre complot a tellement été mis à nu que même certains ennemis de Gbagbo sont devenus ses amis. Tous ont maintenant compris qu'il est totalement innocent. Chacun sait maintenant que le vrai Président élu de la Côte d'Ivoire est en prison à la Haye, et que la vraie première dame de la Côte d'Ivoire est en prison en Côte d'Ivoire. Cela n'arrange pas mes maitres. Se sentir si dévoilés, c'est certainement la dernière des choses qu'ils auraient souhaitées.


Youssouf: Madame, il faut avouer que ce cas Gbagbo vous fait beaucoup de mal.


Nyang Bensouda: Je ne te le fais pas dire, Youssouf. Beaucoup trop de mal. Laisse-moi te donner quelques autres exemples:


Il y a le refus de recompter les voix. Voilà un vrai déni de démocratie. Mes maitres qui aiment bien se faire passer pour des donneurs de leçons de démocratie ne s'en remettront jamais. Le monde entier sait maintenant que le mot démocratie n'est qu'un mot dénué de sens. Quel vrai démocrate peut s'opposer au recomptage des voix quand une élection est disputée? Le recomptage des voix est d'ailleurs la manière la plus démocratique de solder ce genre de problème. Il est devenu impossible à mes maitres de se tenir encore devant les Africains et parler de démocratie sans avoir honte. C'est à contre cœur qu'ils utilisent ce mot maintenant.


Il y a aussi la fermeture des banques françaises lors de cette crise postélectorale comme moyen de chantage à Gbagbo. Tout Africain qui jouit de tous ses sens ne pourra plus jamais mettre son argent dans une banque française, puisqu'il sait dorénavant que pour un rien la France peut ordonner à ses banques dans un pays africain de fermer leurs portes et de bloquer l'argent de tous leurs clients africains pour une période indéterminée, sans craindre ni poursuite judiciaire, ni dédommagements et autres compensations à leur verser.


Il y a également le lieu choisi par mes maitres pour proclamer les résultats de cette élection de 2010. Dans aucun pays au monde on a vu pareille chose. C'est un autre fait inédit. Les résultats des élections présidentielles d'un pays qui se donnent dans le quartier général du candidat de l'opposition, cela ne s'est jamais passé depuis que le monde existe, et je suis certaine que cela ne se passera plus jamais ailleurs. Pourquoi? Parce que la honte que mes maitres en éprouvent encore maintenant fait qu'ils ne tomberont plus dans le piège d'étaler leur grande idiotie aux yeux du monde entier de cette manière-là. Ce cas était trop flagrant.


Youssouf: Madame, je suis d'accord avec toi que tes maitres ont été d'une naïveté légendaire. Non seulement ils se sont permis d'aller à l'Hôtel du Golf qui était le quartier général de drame ouattara pour proclamer les résultats des élections présidentielles dans un pays souverain ayant des institutions bien établies, et qui fonctionnaient parfaitement, mais après leur forfait ils ont exfiltré l'exécrable bakayoko, le président de la CEI (Commission électorale indépendante), et l'ont emmené à Paris où il a été logé, blanchi et nourri pendant des mois, le temps que le coup d'état finisse.


Nyang Bensouda: Tu parles de youssouf bakayoko?


Youssouf: C'est à dessein que je n'ai pas voulu utiliser le nom Youssouf, Madame. Youssouf bakayoko n'est qu'une crapule. Voilà un flibustier qui accepte d'inverser les résultats des élections, et donner drame ouattara vainqueur d'une élection qu'il a largement perdue, et reste calme quand on massacre des dizaines de milliers de ses compatriotes. Pendant ce temps il accepte d'aller se faire traiter comme un petit pacha à Paris. Pour ce vaurien, ce petit confort éphémère qu'on lui a accordé, vaut plus que la vie de plus de 100 000 Ivoiriens et autres Africains. C'est triste madame, et le fait de savoir que cet idiot porte le même nom que moi, me révolte.


Que Dieu vous bénisse!




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